Football. Alexander Djiku veut panser le mauvais souvenir

11 août 2017 Ecrit par 
Alexander Djiku s'arrose le visage et les bras avant chaque match. Un vieux rituel. Sport à Caen

Il y a un peu moins d’un an, Alexander Djiku quittait le stade d’Ornano en ambulance, le maillot de Bastia sur le dos et l’avant-bras brisé par une double fracture. Le défenseur central, qui a fêté ses 23 ans avant-hier, retrouvera demain soir le stade jadis maudit. Arrivé cet été à Caen, l’Héraultais veut effacer ce mauvais souvenir par une première victoire contre Saint-Étienne.

 

 

 

C’est une sorte de dérivé du syndrome de Stockholm. Alexander Djiku n’est pas tombé amoureux d’un quelconque bourreau, mais il a choisi comme nouvelle résidence sportive le stade qui l’a vu subir la plus grave blessure de sa jeune carrière. En ce 27 août 2016, il ne reste plus que quelques minutes à jouer entre le Stade Malherbe, qui mène d’un but, et le SC Bastia. Hervé Bazile s’enfuit en contre-attaque et bute sur le latéral droit du Sporting. Le duel ne tourne pas seulement à l’avantage du caennais, il propulse le bastiais dans les lourds panneaux LED entourant la pelouse de d’Ornano. Alexander Djiku hurle de douleur, l’avant-bras méchamment plié. Le natif de Montpellier est aussitôt évacué à l’hôpital. Opéré d’une double fracture dans la nuit même, il restera deux jours à Caen avant de rejoindre l’île de Beauté. S’en suivra trois mois de convalescence avant de pouvoir à nouveau fouler l’herbe fraîche en compétition.

 

« Ma blessure m’a forgé mentalement »

 

L’histoire de ce douloureux coup de frein n’a pas rebuté Alexander Djiku au moment de s’engager avec le Stade Malherbe il y a un mois. « C’est peut-être un signe du destin si je reviens », sourit-il. Celui qui ne connaissait qu’Hervé Bazile en arrivant au club, à la faveur des textos échangés suite à sa blessure, aborde sans appréhension particulière les retrouvailles. Seul un large bandage sur l’avant-bras, destiné à protéger la cicatrice, rappelle le malheureux épisode de l’été 2016. « Je ne ressens plus aucune douleur. » Et l’eau dont il asperge bras et visage avant chaque rencontre n’est qu’un petit rituel ancré de longue date. Alexander Djiku a tourné la page depuis longtemps mais n’oubliera jamais totalement la mésaventure. « C’était la faute à pas de chance. Ma blessure a été un coup d’arrêt mais elle m’a forgé mentalement. J’en ai tiré des conclusions positives. » Ainsi qu’une petite touche de prudence supplémentaire. « Depuis mon traumatisme, je regarde toujours où sont placés les panneaux publicitaire. Et j’ai vu qu’ils avaient été déplacés à Caen (sourire). »

 

La préoccupation majeure d’Alexander Djiku à l’abord de son premier match devant ses nouveaux supporters est ailleurs. « J’espère surtout que mes débuts commenceront par une victoire », souligne-t-il en évoquant la réception de Saint-Étienne samedi. Battu à Montpellier en ouverture, Caen aura « une pression de résultat » sur ses terres. Dans cette optique, celui qui occupera l’axe aux côtés de Damien Da Silva attend « une bonne entame de match, pour mener le public avec nous ». L’idée dominante ? « Il faudra faire un peu plus dans tous les domaines par rapport à ce qu’on a produit à Montpellier. Être plus agressif et plus efficace. Saint-Étienne a fait un gros pressing contre Nice samedi dernier (victoire 1-0, ndlr). Il faudra avoir un bloc compact pour y faire face, s’ils décident d’adopter la même stratégie chez nous. »

 

Caen, « un tremplin » pour Djiku

 

Seule recrue titularisée samedi dernier dans l’Hérault, Alexander Djiku sera de nouveau observé de près demain soir par un public auquel il a déjà donné rendez-vous (« je vais voir de quoi il est capable », a-t-il lâché dans un sourire en conférence de presse). Sa première sortie, dans sa ville de naissance, a été globalement saluée par la critique. « Ça s’est plutôt bien passé, mais le résultat induit que ça ne s’est pas extrêmement bien passé, tempère-t-il. Après, je me suis senti bien physiquement, en dépit de la chaleur, et je suis content d’avoir joué dès le premier match. »

 

Rapide, propre à la relance et solide au duel – sauf quand il se prend les pieds dans ceux d’Hervé Bazile – Alexander Djiku est un potentiel à côté duquel Caen ne voulait pas passer. Les deux parties se sont bien trouvées. « Je vois Caen comme un tremplin, nous disait-il après son premier match amical à Saint-Lô. J’espère que le fait d’être ici me permettra de progresser le plus rapidement possible. » Une évolution que le Stade Malherbe aspire à reprendre également. La saison galère bouclée il y a seulement trois mois est encore dans les mémoires. « Ils ont vécu une saison difficile, j’en ai parlé brièvement avec les cadres. Ils ont fait quelques erreurs l’an passé, ça ne devrait pas se reproduire. Une saison ne fait pas l’autre. » Pour l’heure, Caen doit déjà ouvrir son compteur. Alexander Djiku l’assure, « la première victoire est toujours la plus difficile ». Peut-être conditionnera-t-elle en partie la suite de la saison… 

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