Omar Benali, nouveau détonateur des Vikings

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Des quatre recrues du Caen Handball à l'intersaison, Omar Benali est sans doute celle qui suscite le plus d'attentes. L'ailier droit arrive avec l'étiquette de buteur qu'il s'est employé à conforter lors de ses deux années passées à Cherbourg. Il sera un atout de taille pour le promu caennais, de retour aujourd'hui à l'entraînement.


C'est la belle affaire estivale du Caen Handball. Omar Benali, 29 ans, a quitté Cherbourg à l'issue de la saison dernière pour poser ses valises dans la capitale bas-normande. Pas un cadeau tombé du ciel mais « une super pioche » que Caen n'avait pas osé envisager. « Il n'était pas prévu au départ mais l'occasion a fait le larron », résume Christian Le Moal. Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2009 avec Istres, passé par la D1 et la D2 françaises, meilleur buteur de Nationale 1 il y a deux ans, l'international algérien est « beaucoup plus fort » que le handballeur lambda de son championnat, aux yeux de son partenaire Yacine Zitouni-Terki. « Les gens autour de moi se demandent pourquoi j'ai signé à Caen, vu mon statut et ce que j'ai pu faire ces dernières années, confie l'intéressé. Je n'ai pas peur de ça. Je ne suis pas le Messie du groupe, juste un joueur parmi tant d'autres. Je viens pour apporter ma pierre à l'édifice. » Gonfreville et Valence, deux pensionnaires de D2, se seraient bien attaché les services de ce maçon buteur. Omar Benali a préféré rejoindre un promu en Nationale 1, le troisième échelon français.


De prime abord, la décision peut surprendre. Le menu ailier reconnaît sans peine « une incertitude » mais préfère retenir les « points positifs » qui l'ont poussé vers Caen lorsque les négociations pour prolonger son contrat avec Cherbourg ont achoppé. « Je me rapproche de ma région natale, la région parisienne, je retrouve des amis dans l'équipe et ma copine travaille à Caen. » Alors certes, le niveau de jeu et le salaire ne sont pas ceux auxquels il aurait pu prétendre, mais l'homme s'en accommode. « J'arrive dans l'inconnu, c'est un peu un risque de s'engager chez un promu, dit-il. Après, le discours des dirigeants m'a plu et je sais que les joueurs installés ici ne sont pas des chèvres (sic). Avec du sérieux et de la concentration, on pourra essayer de faire quelque chose de bien. » Pour autant, Omar Benali ne cache pas une certaine nostalgie à l'évocation du haut niveau qu'il a connu en D1. « Ça me manque, confesse-t-il. Le jeu est plus fluide, les joueurs comprennent les consignes sans qu'on ait besoin de les répéter quinze fois... J'ai une carte à jouer parce que ça peut aller vite dans le hand, mais ce n'est pas à 29 ans qu'on te rappelle. »


« Je fais la gueule si je perds au Monopoly »


L'espoir de renouer avec l'élite continue néanmoins d'animer le vice-champion d'Afrique, sans que l'idée ne tourne à l'obsession. S'il se sent « encore jeune et en pleine bourre », Omar Benali ne fait pas de la D1 un objectif. Ce à quoi il aspire cette saison, c'est « aider le Caen Handball à se maintenir » et participer au championnat du monde en janvier 2013. Apprécié pour son professionnalisme, il se voit aussi comme un cadre conscient de ses devoirs, en particulier celui de montrer l'exemple. « Ça me ferait plaisir d'aider les jeunes à franchir des étapes », avance-t-il. Mais si Omar Benali a été recruté, c'est d'abord pour marquer des buts. Le natif de Franconville est de la trempe des buteurs. « Il est efficace au tir, indique Yacine Zitouni-Terki. Il va vite et il a une gamme de shoots énorme pour le niveau N1. Il est capable de marquer dans des angles extrêmement fermés. » À son arrivée à Cherbourg, le Franco-Algérien a fini meilleur marqueur de Nationale 1, trophée de meilleur ailier droit de la poule à la clé. L'année dernière, il a confirmé la tendance en accrochant le Top 5. « Il faut que je marque des buts, dit-il en insistant sur cette sorte de nécessité vitale. Mais il faut aussi qu'on gagne derrière. » Car Omar Benali exècre la défaite plus que tout. Même aux jeux de société. « Je fais la gueule si je perds au Monopoly », sourit-il.


Le gaucher a « envie de faire quelque chose à Caen », dans un club qu'il imagine « s'installer en Nationale 1 pour voir plus haut ensuite ». « Personne ne nous connaît, à nous de foutre le feu. Il faut jouer notre carte à fond et on fera les comptes après. » Pour l'heure, le néo-caennais débute la préparation collective, et si le ramadan qu'il respecte rend la période « très dure », la reprise a été vue d'un bon œil. « J'avais vraiment besoin de couper mais ça commençait à me manquer. » L'habituel numéro 11, référence au footballeur Romario, a des fourmis dans les jambes. Dans deux semaines, lors du premier match amical de son équipe, il pourra commencer à faire parler la poudre.

 

Photo : hand-planet.com

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