Le Caen Venoix Basket était il y a quatre ans tout en bas de la hiérarchie française. Trois accessions plus tard, il se prépare à intégrer le niveau régional, ayant validé son billet pour la R2. Ce club convivial connaît une réussite éclatante et peut envisager l'avenir avec optimisme.
Les basketteurs du Caen Venoix Basket ont décidé de faire vite. Partis de tout en bas dans la hiérarchie départementale, ils gravissent les échelons un par un mais sans prendre leur temps. L'équipe première du CVB reste tout simplement sur trois accessions en quatre ans. La dernière en date, cette saison, lui permet d'atteindre le niveau régional (R2). « Nous avons vécu une année presque parfaite », sourit le vice-président, Harold Stettler. Elle l'aurait été si l'équipe réserve était elle aussi montée d'une division, ce qui ne fut pas le cas.
À l'origine, Venoix jouait le maintien. Et son début de saison ne lui avait pas permis de réviser ses ambitions à la hausse, bien au contraire. Les cinq premières journées s'étaient soldées par quatre défaites. Le championnat venait tout juste de commencer que le CVB se débattait dans les profondeurs du classement. À la dernière place, même. Et puis il y a eu ce fameux déclic. Du jour au lendemain, la situation s'est inversée. Caen a décroché 16 victoires lors des 17 matchs suivants cette entame catastrophique.
Happés par « la spirale de la victoire », les Venoisiens ont aussi bénéficié d' un « chouïa de chance », comme le concède leur vice-président, pour grimper sur la deuxième marche du podium, synonyme d'accession en R2. C'est leur « hold-up » contre Troarn, alors deuxième, qui leur a permis ce tour de force. Une victoire d'un point à huit journées de la fin scella le sort des deux équipes. Pour conclure en beauté une saison remarquable, le CVB, présidé par une femme, Claude Reyrol, s'offrira quelques semaines plus tard une dernière victoire de prestige contre le leader, la réserve de l'ASPTT Caen.
La convivialité comme maître mot
« Complètement inattendu » aux dires d'Harold Stettler, ce parcours ne demeure pas moins conforme à une certaine logique. Celle des valeurs qui animent le Caen Venoix Basket, club résolument convivial dont l'état d'esprit est le meilleur des atouts. « Nos résultats sont surtout liés à la bonne ambiance, au côté familial, témoigne Harold Stettler. On fait au moins une animation par mois, des sorties au foot, au basket en Pro A, etc. »
Celle aussi du sérieux. Très tôt, le CVB a voulu « se structurer sérieusement, comme un club pro ». « On a mis les bases avant les résultats, explique Harrold Stettler. Notre progression au niveau sportif est allée plus vite que prévu, mais nous avions les bases au niveau du club pour y répondre. » Avec 80 sponsors et des subventions municipales limitées, Venoix fait figure de « club extraterrestre à Caen ». « On est les seuls à être autonomes de la mairie », se félicite le vice-président, également joueur au sein de l'équipe loisirs, vainqueur de la Coupe du Calvados.
Quand il est arrivé aux affaires en 2002, en compagnie de nombreux parents de jeunes licenciés désireux de ne pas laisser mourir le club, ce dernier végétait et avait perdu tout dynamisme. Aujourd'hui, il a doublé ses effectifs (il y a plus de 130 licenciés actuellement) et aborde l'avenir avec envie et ambition. En championnat régional, Caen Venoix Basket va changer de braquet. Un general manager chargé des équipes seniors, expérimenté au niveau national, a été recruté. Les candidatures ont afflué sur le bureau des dirigeants. Un autre poste a été créé pour superviser les jeunes. Toujours dans cette optique de croissance, le club va lancer une équipe supplémentaire chez les cadets, et, peut-être, chez les benjamines. En outre, il espère développer une école de basket d'ici deux ans.
Quant à l'équipe première des seniors, elle aura « le même objectif que l'année dernière ». Autrement dit, le maintien. Mais, toujours sur son petit nuage, la réussite des dernières années peut lui donner quelques envies supplémentaires...






