La Halle Bérégovoy sera le théâtre d'un grand rendez-vous européen, ce soir (20 heures). Mondeville tentera de combler le retard de neuf points concédé au match aller contre Botas Spor en huitième de finale d'EuroCup. Le dernier quart-temps réalisé en Turquie et la victoire acquise contre Toulouse dimanche dernier permet aux Mondevillaises d'aborder la rencontre avec « confiance » et « sérénité ». Elles savent ce qu'elles doivent faire, il ne reste plus qu'à l'appliquer...
Un match « pimenté ». Quand on est sportif de haut-niveau, c'est pour jouer de gros matchs, a-t-on l'habitude d'entendre de la part des intéressés. Celui qui se prépare ce soir contre Botas Spor en est un. « C'est vrai qu'on a hâte de le jouer, annonce Aurélie Bonnan. Mais il ne faut pas se mettre de pression avec ça. »
Mené de 26 points dans le troisième quart-temps au match aller, Mondeville a réduit l'écart à moins 9 dans le dernier quart. « Cela montre que Botas est prenable, sinon on n'aurait jamais pu remonter un tel retard », indique Clarisse Costaz. « Elles n'ont pas montré beaucoup de sérénité lorsqu'elles avaient 26 points d'avance », ajoute Hervé Coudray. C'est aujourd'hui que Mondeville doit en profiter. « On sait ce qu'on a à faire, assure Aurélie Bonnan. On connaît leurs points forts et on a réussi à appliquer les solutions dans le dernier quart la semaine dernière, notamment contre Paris. »
Neuf points de retard pour commencer. Pour la première fois de la saison, l'USOM est confrontée à ce paramètre : elle démarre la rencontre avec plusieurs points de retard. « Il faut qu'on l'ait en tête sans pour autant vouloir reprendre ces neuf points en trois minutes, explique Hervé Coudray. Ce serait une erreur car ça impliquerait de prendre des risques très vite. Je crois qu'il faut aborder ce match avec sérénité, car on a quelques arguments à faire valoir à cet adversaire, et on aura le temps pendant le match de reprendre ces neuf points. J'ai confiance en mon équipe. »
Une clé nommée Paris. C'est un sacré gabarit qui a posé bien des problèmes à Mondeville au match aller. Courtney Paris a marqué 22 points il y a une semaine tout en prenant la bagatelle de 16 rebonds. La jeune fille de San José, en Californie, a donc concentré une partie du travail des Mondevillaises hier matin à l'entraînement. « On a quelques mouvements qui peuvent l'embêter, on va chercher à jouer autour de ça », mentionne Hervé Coudray.
L'entraîneur de l'USOM voit deux aspects dans le jeu de l'intérieure américaine. « Il y a un côté du terrain où Paris peut nous faire très mal, c'est le côté offensif. Mais il y a un côté où Paris peut faire très mal à son équipe, c'est le côté défensif. C'est la raison pour laquelle on est revenu au score dans le dernier quart-temps lors du match aller. » Annoncée à 113 kilos sur le site de la WNBA, la diplômée en journalisme « n'est pas forcément très mobile ni rapide ». Mondeville doit en tirer profit. « Il faut qu'on joue les 40 minutes avec cette idée qu'il y a un endroit du terrain où elle va poser des problèmes non pas à nous mais à son équipe. Si on est capable de la forcer à défendre, elle risque d'avoir des soucis. »
Des retours bienvenus. L'USO Mondeville récupère sa meneuse en chef, Temeka Johnson, pour la réception de Botas Spor. Et ce n'est pas peu de choses ! « Temeka va nous apporter d'autres solutions, créer de nouveaux dangers pour l'adversaire, espère Hervé Coudray. À l'aller, elle nous aurait permis de contrôler le tempo du match quand notre collectif est parti un petit peu en vrille dans les deuxième et troisième quarts. » L'équipe pourra aussi bénéficier du retour d'Aurélie Bonnan, qui s'était fait un lumbago en Turquie. « C'est une excellente passeuse. Elle est capable d'amener de la défense, du rebond, et c'est un leader, comme Temeka », apprécie son coach. Le fait qu'elle ne se soit quasiment pas entraîné de la semaine (elle a repris hier) inquiète plus la joueuse que son coach. « J'ai encore quelques douleurs et j'appréhende un peu de me rebloquer le dos pendant le match. »
Un adversaire qui se déplace mal. Botas est redoutable à domicile mais peine à l'extérieur. En Coupe d'Europe, les Turques ne se sont pas encore imposées en déplacement. Leur dernière défaite n'a cependant été concédée que de cinq points à Polkowice, en Pologne. Et cela s'était révélé suffisant pour franchir le stade des huitièmes de finale.
L'équipe qui se qualifiera pour les quarts de finale affrontera les Allemandes de Saarlouis, difficilement qualifiées hier. Mondeville, malgré son déficit de départ, a toutes les cartes en main pour être celle-ci.








