Alors qu'elles menaient de 21 points à la mi-temps, et avaient donc largement dépassé leurs adversaires au cumul des deux matchs, les Mondevillaises, et surtout leur public, ont tremblé jusqu'au bout pour éliminer Botas Spor et se qualifier en quart de finale d'EuroCup. La première mi-temps laissait pourtant présager un match à sens unique mais les Turques ont réagi par la suite et la partie est devenue plus difficile pour l'USOM. A quelques minutes du buzzer, l'écart était même redescendu sous la barre des neuf points. Mais Mondeville ne s'est pas laissé déstabiliser et a assuré sa qualification dans la dernière minute.
Hervé Coudry l'assure, il est resté « serein » sur sa chaise, ou plutôt, quelques centimètres devant. Ça a fait donc un, si on lui fait confiance. Les trois entraîneurs (?) de Botas Spor auraient certainement beaucoup de mal à certifier la même chose, tant ils n'ont cessé de s'agiter, de manière plus ou moins synchronisée, dans la zone qui leur était octroyée. Quant au public, il a vu son rythme cardiaque augmenter à mesure que l'écart en faveur de ses protégées diminuait.
Y a-t-il une personne dans ces tribunes quasiment pleines qui s'attendait à connaître une fin de match aussi stressante une bonne demi-heure plus tôt ? À la mi-temps, Mondeville comptait 21 points d'avance sur Botas et avait donc un bénéfice de 14 unités au cumul des matchs aller et retour. « Trop facile ! », s'entendait-on dire imprudemment.
Après 20 minutes de jeu, cette confiance résultait d'une première partie de match à sens unique. Botas Spor avait pourtant bien entamé les débats. Malgré six points de Temeka Johnson, il menait 9-10 après quatre minutes de jeu. Il fallait attendre deux lancers-francs de Yacine Sene pour que les joueuses locales prennent l'avantage au score (11-10, 6'). La défense mondevillaise, emmenée par Valeriya Berezhynska permettait à l'USOM de prendre l'ascendant progressivement. L'adresse de Lenae Williams à trois points et les pénétrations de sa compatriote dans la raquette concrétisaient cette domination (21-14, 10').
Le retard de neuf points était comblé après douze minutes de jeu (23-14). Mais Mondeville ne s'arrêtait pas en si bon chemin et, continuant à s'appuyer sur sa bonne défense et sa présence au rebond, creusait l'écart en sa faveur. Hervé Coudray en profitait pour faire tourner son effectif sans que cela ne se ressente (31-16, 14'). Et quand Botas amorçait un semblant de réaction (31-20, 15'), Valeriya Berezhynska et Temeka Johnson reprenaient place sur le parquet pour remettre les choses en ordre (36-20, 16'). Courtney Paris, 10 points et 7 rebonds à la mi-temps, était tenue, même s'il fallait parfois s'y mettre à trois pour cela. Les deux Américaines mondevillaises, en revanche, signaient 30 points à elles deux dans les 20 premières minutes. À la pause, l'USOM menait 47-26. Botas tournait à seulement 33 % de réussite à deux points (0 % à trois points sur six tentatives) et se sauvait par son adresse au lancer-franc (10/10). Mondeville affichait de son côté un 6/10 intéressant derrière la ligne des 6m25 (4/8 pour Lenae Williams).
Tout roulait donc pour les partenaires de Caroline Aubert, bondissante sur la touche. Mais leurs adversaires n'avaient pas l'intention de baisser les armes aussi facilement. Dès l'entame du troisième quart-temps, elles retrouvaient leur adresse et mettaient l'USOM sous pression. Quasiment chaque attaque débouchait sur un panier, et même si les Mondevillaises tentaient de résister, Botas grignotait son retard (52-37, 23'). Alors qu'une partie des lumières s'éteignait, plongeant la salle dans une drôle d'atmosphère, Aija Putnina redonnait un peu d'air à son équipe en entrant un panier à trois points (57-41, 26'). Il n'y avait alors pas péril en la demeure, surtout que Mondeville, toujours emmené par Temeka Johnson, confirmait ce redressement (63-44, 28'). Mais Courtney Paris, au physique effectivement imposant, lui faisait mal à l'intérieur, tout comme les deux tirs primés inscrits par ses coéquipières dans la dernière minute (65-50, 30')... Les Turques, dans une spirale positive, étaient alors à sept points d'une qualification, sous les lumières retrouvées.
On avait écrit « déjà stressant » sur notre calepin après seulement trois minutes de jeu, alors là, on était passé au stade supplémentaire pour tous ceux qui ne peuvent pas s'empêcher de vivre intensément la rencontre qu'ils suivent ! Car Botas Spor s'empressa de réduire davantage cet écart dès le début du dernier quart-temps. Après seulement une minute de jeu dans cette période, Sharnee Zoll ramenait son équipe à égalité parfaite sur le total des deux matchs (67-58). Les équipes se répondaient alors au coup par coup et si la fatigue empêchait parfois Mondeville de reprendre un peu d'aisance au panneau d'affichage, Botas n'en profitait pas complètement. Aux moments cruciaux, Aurélie Bonnan et Lenae Williams étaient là pour mettre le trois points qu'il fallait (70-58 puis 74-62). Pourtant, en manque de réussite au shoot et au lancer-franc, Mondeville se mettait en difficulté. Adana était virtuellement qualifié à 3'43" du buzzer (78-70). La tension était à son comble ! Trois points de Valeriya Berezhynska faisaient le plus grand bien (81-70, 38'), mais le sort du match restait indécis. Les deux équipes manquaient quelques occasions de faire la différence. L'élimination de Didem Süer, qui venait également de signer la cinquième faute de son équipe, permettait à Mondeville de bénéficier de plusieurs lancers-francs dans les dernières minutes. A 14 secondes de la fin du match, Temeka Johnson transformait ceux qu'elle s'était procuré et Mondeville assurait sa qualification (84-70, score final : 86-70). Les Mondevillaises ont eu chaud, mais leur aventure européenne continue.








