Les joueuses de l'USO Mondeville étaient de retour sur le parquet de la Halle Bérégovoy hier après-midi. Après une réunion d'équipe et des rendez-vous avec la presse, elles sont entrées dans le vif du sujet. Le 23 septembre à Paris, elles s'attaqueront à la première journée de championnat, dont elles ont disputé les demi-finales la saison dernière. Leur entraîneur Hervé Coudray fait le point sur cette reprise.
Un effectif stable. « On gagne du temps sur le collectif parce qu'on a un vécu d'une saison contrairement à l'année dernière où nous avions zéro vécu commun. Avec le groupe jeune que nous avons, il est intéressant de travailler sur du long terme. On va rentrer dans le travail collectif dès aujourd'hui (lundi) pour plusieurs raisons. Toutes les joueuses ont eu un programme de préparation physique cet été et six d'entre elles ont participé à des stages avec leur sélection nationale. Normalement, on devrait donc être capable d'entrer assez vite dans le vif du sujet. »
Deux arrivées : Amanda Lassiter et Aminata Konaté. « On a étoffé notre effectif parce qu'on aura beaucoup plus de matchs que l'année dernière. On a fait six matchs d'Eurocup la saison dernière alors qu'on en jouera douze sur la première phase de l'Euroligue. On jouera deux fois par semaine d'octobre à février. Il n'était pas satisfaisant d'avoir une joueuse comme KB (Sharp) avec 34 minutes de temps de jeu par match. D'autant que vous dépensez beaucoup plus d'énergie en Euroligue. On a fait le choix d'avoir une alternance sur une meneuse au style différent d'Ingrid. L'objectif en recrutant Amanda (Lassiter) est qu'elle ne fasse pas baisser notre qualité défensive et qu'elle soit capable d'apporter le danger à trois points, ce qui nous a manqué à certains moments l'année dernière. »
Martynas Jurgilas, nouveau préparateur physique. « Une opportunité s'est présentée avec Martynas, un Lituanien qui était à l'université de Kansas depuis quatre ans. Il était venu deux semaines avec nous la saison dernière. Il va passer l'année à Caen et il nous a demandé s'il pouvait donner un coup de main à l'équipe. Il a une qualification très pointue en termes de préparation physique dans le basket. Pour individualiser encore plus l'entraînement, il nous a paru intéressant de profiter de cette opportunité-là. Il sera présent au quotidien. Les quinze premières minutes de chaque entraînement seront prises en charge par lui, sans parler des séances spécifiques de musculation. »
Les matchs amicaux. « Pourquoi un nombre de matchs un peu plus important que les autres années ? Parce que 80 % de l'équipe était déjà là l'année dernière. On va sans doute passer moins de temps à faire du cinq contre zéro. Autant repartir de ce qu'on faisait déjà l'année dernière collectivement et le mettre en pratique contre des adversaires. Je n'ai pas pour habitude de débuter les matchs amicaux aussi tôt dans la saison, mais il y avait une opportunité intéressante d'affronter l'université de Duke, qui est une des cinq meilleures universités américaines (vendredi à Trouville, ndlr). Ce sera notre premier match, il y aura plein de réglages à faire. La chose la plus intéressante sera de voir comment les joueuses auront la concentration pour résoudre les problèmes qui se poseront pendant le match. C'est gage de progression pendant la saison. »
Le chantier de l'attaque. « L'année dernière, on a plutôt été une équipe à vocation défensive et à dominante athlétique. Sauf que le basket, ce n'est pas que ça. On avait quelques lacunes offensives dans l'adaptation, lorsque l'adversaire variait les défenses on pouvait avoir un temps d'adaptation un peu trop long. L'objectif est de conserver voire renforcer nos bases défensives – on peut progresser dans l'alternance des défenses – et travailler notre attaque. On était plutôt faibles dans notre jeu d'attaque. On a progressé pendant la saison mais la marge de progression reste importante. C'est pour cela qu'on va entrer très vite dans le collectif d'attaque. »
Les attentes de la saison. « L'objectif est difficile à fixer, même si on a une petite idée dans la tête. Je comprendrais mal que le président nous dise de faire moins bien que l'année dernière. En sport collectif, ça peut très bien fonctionner une année et mal se passer la saison suivante avec le même effectif. On en a eu l'expérience il y a quelques années. C'est pour ça qu'il faut être un peu vigilant. J'ai envie de faire une saison encore meilleure que celle réalisée l'année dernière, sauf que quand vous terminez quatrième vous n'avez plus beaucoup de places au-dessus ! Si on faisait le rapport place-budget, on serait largement en tête du championnat. On a fait un investissement sur de jeunes joueuses. Il a été payant la saison passée, on espère qu'il va l'être de nouveau cette année, et avec un taux de rendement encore plus intéressant. »
Un statut nouveau. « Est-ce qu'on va être attendus ? Oui, peut-être que les gens vont moins nous voir comme une petite équipe. Mais sincèrement, ça a duré combien de temps la saison dernière ? Un mois. Quand on est allé gagner à Tarbes, on n'était plus la petite équipe. Cette saison, ça s'étendra sur les quatre quarts de la saison, pas seulement sur les trois quarts. Il faut confirmer. Ce n'est pas la chose la plus simple. Les joueuses vont prendre plus d'expérience et progresser ainsi. Ingrid Tanqueray, Kadidia Minté et Laetitia Kamba n'ont pas passé le cut avec l'équipe de France en préparation des Jeux Olympiques. Il faut qu'elles franchissent un cap si elles veulent participer à l'Euro 2013 en France. »
L'Euroligue. « Les deux tiers de la sélection américaine championne olympique va venir à Mondeville cette année. Il suffit de voir Ekaterinbourg, où vous avez Sue Bird, Diana Taurasi et Candace Parker. Sandrine Gruda joue également là-bas. Sylvia Fowles et Lindsay Whalen jouent à Galatararay. J'aurais du mal à croire que les médias et les supporters n'aient pas un regard au moins curieux. La bonne chose à retenir de la finale des Jeux Olympiques, c'est qu'il ne faut pas aller à ce genre de match les yeux grands ouverts en pleurant à la présentation des équipes, parce que le vent souffle fort. Une fois que le bateau est parti, c'est difficile de le rattraper. Il va falloir préparer ces rencontres en amont. L'objectif sera de jouer avec la volonté de progresser. Quand vous affrontez quelqu'un de plus fort, même si le score est difficile à accepter, vous apprenez quelque chose. Sur les sept équipes de notre poule, quatre à cinq passeront au tour suivant. L'objectif est de laisser deux équipes derrière nous. Ça ne sera pas simple mais on a des arguments à faire valoir. Je suis intimement persuadé que nos qualités athlétiques poseront des problèmes même aux joueuses d'Euroligue. »








